Tandis qu’aucune lueur d’entente ne pointe actuellement à l’horizon, ce pays d’Afrique centrale s’enfonce davantage dans une crise dont la solution est pourtant à la portée des tous les protagonistes.
Convergence dans la divergence : l’opposition politique et la majorité présidentielle s’accordent tout au moins sur deux choses:
-La Paix: Aucune partie n’emprunte pour l’instant la voie du chaos généralisé.
-Les élections: Tout le monde les réclame dans le meilleur délai.
La pomme de discorde concerne la gestion de la transition et les conditions d’organisation des élections. Or, ces deux points sont déjà réglés par l’accord de la saint sylvestre signé par les parties prenantes au conflit grâce à la médiation de la CENCO le 31 décembre 2016.
De son côté, le camps au pouvoir rassure respecter et appliquer à la lettre cet accord et que la marche vers les élections est irréversible.
L’opposition politique, quant elle, dénonce le non respect par le pouvoir de plusieurs dispositions de cet accord qui prévoyait notamment la réouverture des médias proches de l’opposition et la libération des prisonniers « politiques » dont certaines figures emblématiques de l’opposition.
Cette crise s’amplifie depuis fin décembre 2017 avec l’implication du cardinal de Kinshasa Laurent Mosengwo qui réclame l’application intégrale dudit accord.
A la suite de l’archevêque de Kinshasa, le comité des laïcs catholiques de Kinshasa a décidé d’exiger du pouvoir en place le respect total du même accord.
La CENCO qui avait assuré la médiation ayant conduit à la signature de cet accord a récemment demandé à travers un communiqué à tous les évêques de la RDC d’accompagner les laïcs de leurs diocèses qui veulent marcher en solidarité de ceux de Kinshasa tout en restant dans la dynamique des derniers messages de la conférence des évêques.
Pendant ce temps la nonciature va jusqu’à reconnaître le caractère légitime des revendications du comité des laïcs catholiques affirmant par ailleurs que cette structure est de droit canonique.
A l’occasion des cultes de commémoration des assassinats de Lumumba et M’zee le 16 et le 17 janvier dernier, le Représentant légal de l’église du Christ au Congo, le Révérend François David Ekofo n’a pas ménagé les dignitaires du régime de Kinshasa dans son sermon leur rappelant les injustices couplées à la quasi inexistance de l’État. Le représentant légal de l’islam au Congo vient à travers les médias d’abonder récemment dans le même sens. Ceci fait craindre à plusieurs observateurs une alliance sacrée des religions face au pouvoir actuel.
Pour rappel, le 31 décembre 2017, le comité des laïcs catholiques de Kinshasa a organisé une marche dite pacifique malgré son interdiction par l’hôtel de ville de Kinshasa. Quelques morts ont été déplorés du fait de cette marche réprimée par les forces de sécurité.
Loin de faire profil bas et avec le soutien cette fois des comités des laïcs catholiques de Lubumbashi et Kisangani, le comité des laïcs catholiques de Kinshasa auquel se joignent déjà l’opposition politique et une partie de la société civile, programme à nouveau une autre marche ce 21 janvier 2018 avec le même objectif.
Les autorités de la ville de Kinshasa viennent d’ores et déjà d’interdire cette marche par un communiqué soulignant qu’à la même date les partisans du premier ministre Tshibala projette aussi une marche visant à soutenir le processus électoral en cours.
Cependant, le comité des laïcs catholiques de Kinshasa maintient sa marche car il n’attendait aucune autorisation des autorités d’autant que la constitution du pays exige que l’autorité politique du lieu soit juste informée et non qu’elle autorise les manifestations publiques.
Tout compte fait, le fossé entre les protagonistes se creuse, l’espoir s’amenuit, le compromis s’éloigne et l’avenir s’assombrit pour tout un peuple.

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